Le musée Rodin depuis Saint-Germain-des-Prés : le jardin autant que les salles
Le musée Rodin se rejoint à pied depuis Saint-Germain-des-Prés en un quart d’heure. Depuis le 59 rue des Saints-Pères, adresse de l’Hôtel Pas de Calais, prenez la rue de Grenelle vers l’ouest, passez devant la fontaine des Quatre-Saisons, rejoignez le boulevard Raspail, puis suivez la rue de Varenne jusqu’au 77 : comptez environ 15 minutes de porte à porte. Vous arrivez à l’hôtel Biron, un hôtel particulier du XVIIIe siècle où Rodin installa son atelier en 1908, entouré de trois hectares de jardin. C’est là, en plein air, que se tiennent Le Penseur, Les Bourgeois de Calais et La Porte de l’Enfer. Peu de musées parisiens se visitent autant dehors que dedans. Une matinée d’automne, lumière basse et gravier encore humide, en donne la meilleure version.
Rue de Grenelle puis rue de Varenne : environ 15 minutes à pied
Sortez du 59 rue des Saints-Pères et descendez la rue vers le sud sur quelques dizaines de mètres, jusqu’à la rue de Grenelle. Tournez à droite, vers l’ouest. La rue traverse le faubourg Saint-Germain d’un trait, entre portes cochères et façades du XVIIIe siècle. Au 57, la fontaine des Quatre-Saisons d’Edme Bouchardon occupe tout le trottoir, à environ 6 minutes de l’hôtel ; deux numéros plus loin, le musée Maillol tient dans l’hôtel Bouchardon, à environ 6 minutes également. Continuez jusqu’au boulevard Raspail, traversez-le, prenez à gauche sur une centaine de mètres : la rue de Varenne s’ouvre alors sur votre droite.
Suivez-la vers l’ouest. Vous croisez la rue du Bac, puis la rue Vaneau, vous longez des murs hauts qui cachent des jardins de ministères, vous passez devant l’hôtel Matignon au 57, à environ 14 minutes. Le 77 est presque au bout de la rue, non loin du boulevard des Invalides : c’est l’entrée du musée Rodin, environ 15 minutes après avoir quitté la réception. Aucun transport, aucune correspondance, une seule bifurcation à retenir. La rue de Varenne est de celles où l’on ralentit sans l’avoir décidé, faute d’une vitrine pour retenir le regard.

L’hôtel Biron, un hôtel particulier devenu atelier
La maison a été construite entre 1727 et 1732 pour Abraham Peyrenc de Moras, financier enrichi, sur des plans attribués à Jean Aubert et Jacques Gabriel. Elle doit son nom au maréchal de Biron, qui l’occupa dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Au XIXe siècle, les religieuses du Sacré-Cœur y installent un pensionnat de jeunes filles, élèvent une chapelle et dépouillent l’intérieur de ses boiseries, jugées trop belles pour des élèves.
Après la séparation des Églises et de l’État, la maison revient à l’État, qui loue les pièces à qui veut bien les prendre. On y croise alors Rainer Maria Rilke, secrétaire de Rodin, Henri Matisse, Isadora Duncan, Jean Cocteau. C’est Rilke qui parle du lieu au sculpteur. Rodin s’y installe en 1908 et n’en repartira plus. Pour le conserver, il propose à l’État l’ensemble de son œuvre, de ses archives et de ses collections. La donation est acceptée par une loi en 1916, le musée ouvre en 1919, deux ans après la mort de l’artiste. Le musée est donc né d’un marché entre un sculpteur et une maison.
Le jardin, trois hectares où la sculpture prend l’air
Trois hectares au cœur du 7e arrondissement, c’est une anomalie parisienne. Le jardin se lit en deux temps : une terrasse et un long bassin dans l’axe de la façade sud, puis deux bosquets, le jardin d’Orphée à l’est, le jardin des Sources à l’ouest, où les charmilles ménagent des salles de verdure. La roseraie court au nord, devant l’entrée. Rien n’y est spectaculaire, tout y est dosé : gravier, buis, tilleuls, ifs taillés, une eau plate qui rend les bronzes une seconde fois.
En automne, ce jardin devient le meilleur argument du musée. Les rosiers donnent leurs dernières fleurs tard dans la saison, les feuilles s’accumulent sur le gravier, la lumière rase attrape la patine verte des bronzes et la moindre trace de doigt laissée dans la terre d’origine. Les sculptures sont dehors, sans vitrine, sans cordon. On tourne autour, on s’approche, on revient sur ses pas, on s’assoit. Au-dessus des arbres, le dôme des Invalides ferme la perspective. Un couple peut y passer une heure sans échanger trois phrases, ce qui est le signe des bons endroits.
Le Penseur, une figure née d’une porte
Le Penseur n’a pas commencé sa vie en héros solitaire. En 1880, Rodin reçoit la commande d’une porte monumentale destinée à un musée des Arts décoratifs qui ne verra pas le jour : ce sera La Porte de l’Enfer, inspirée de Dante. Au-dessus du tympan, une figure assise domine la foule des damnés, le poète regardant naître son propre poème. Rodin l’appelle d’abord Le Poète. Puis il l’isole, l’agrandit, en fait une œuvre autonome dont la version monumentale date de 1904.
Dans le jardin, il est posé à quelques mètres de l’allée, à hauteur d’homme. On voit alors ce qu’une salle dissimule : le dos noué, l’orteil crispé, la main qui touche la bouche plutôt que le menton, la manière dont le ciel change la couleur du bronze en une heure. Quelques dizaines de mètres plus loin, La Porte de l’Enfer déploie ses figures enchevêtrées, où l’œil finit par reconnaître, en réduction, la plupart des sculptures célèbres du musée. C’est le meilleur moment de la visite, celui où l’on comprend que tout vient de là.
Les Bourgeois de Calais, six hommes à hauteur de regard
En 1884, la ville de Calais commande à Rodin un monument à Eustache de Saint-Pierre. L’épisode remonte à 1347, pendant la guerre de Cent Ans : la ville, assiégée depuis des mois par Édouard III, obtient d’être épargnée si six de ses bourgeois se livrent en chemise, la corde au cou, les clés de la ville à la main. Froissart en a laissé le récit.
Rodin refuse le monument héroïque attendu. Il ne sculpte pas six braves alignés, il montre six hommes qui marchent vers la mort, chacun seul avec sa peur, mains trop grandes, pieds trop lourds, visages détournés. Il voulait le groupe posé au ras du sol, sans piédestal, pour que les passants s’y mêlent. Dans le jardin de l’hôtel Biron, on les aborde presque de plain-pied et l’idée retrouve toute sa force : ce sont des voisins, pas des statues. Le nom de l’Hôtel Pas de Calais, au 59 rue des Saints-Pères, prend ici un écho inattendu, à environ 15 minutes de la chambre.

Dans les salles : Le Baiser, Camille Claudel et la collection de Rodin
L’intérieur a gardé son plan d’hôtel particulier : enfilades, parquets, boiseries et rocailles retrouvées, hautes fenêtres qui rendent le jardin présent dans presque chaque salle. On y suit le travail plutôt que la gloire : plâtres, terres, esquisses, assemblages, mains isolées, dessins à la mine et au lavis.
Le Baiser en marbre, L’Âge d’airain, La Cathédrale et ses deux mains droites qui ne se touchent pas, les états successifs du Balzac, ceux du Monument à Victor Hugo. Une salle est consacrée à Camille Claudel, avec La Valse, La Vague, Clotho et L’Âge mûr. Rodin collectionnait aussi : antiques gréco-romaines et égyptiennes achetées par centaines, ainsi que des tableaux, dont un Van Gogh, Le Père Tanguy. Voir ce que regardait un sculpteur en dit long sur ce qu’il fabriquait.
Pourquoi une matinée d’automne et par où continuer
La marche depuis la rue des Saints-Pères prend son sens en octobre ou en novembre. Le faubourg Saint-Germain est calme le matin, la lumière arrive par le sud, le jardin sèche lentement. On entre à l’ouverture, on fait le jardin d’abord, on garde les salles pour le milieu de matinée, quand le froid finit par entrer sous le manteau. Deux heures suffisent, ce qui laisse la journée entière devant soi.
Pour prolonger, l’esplanade des Invalides et le dôme sont juste derrière, à environ 18 minutes de l’hôtel. Le musée d’Orsay, autre visite de sculpture autant que de peinture, est à environ 12 minutes par le quai Voltaire. Le retour se fait volontiers par le Bon Marché, à environ 7 minutes, ou par le boulevard Saint-Germain, où le Café de Flore et l’église Saint-Germain-des-Prés sont à environ 6 minutes du 59 rue des Saints-Pères. Rodin possédait aussi une maison à Meudon, la Villa des Brillants, où il est enterré sous une réplique du Penseur.
En pratique
Hôtel Pas de Calais, 59 rue des Saints-Pères, 75006 Paris, Saint-Germain-des-Prés
Musée Rodin, hôtel Biron, 77 rue de Varenne, 75007 Paris : environ 15 minutes, par la rue de Grenelle, le boulevard Raspail puis la rue de Varenne
Fontaine des Quatre-Saisons, rue de Grenelle : environ 6 minutes
Musée Maillol, hôtel Bouchardon, rue de Grenelle : environ 6 minutes
Hôtel Matignon, 57 rue de Varenne, vu de la rue : environ 14 minutes
Esplanade et dôme des Invalides : environ 18 minutes
Musée d’Orsay, par le quai Voltaire : environ 12 minutes
Le Bon Marché, rue de Sèvres : environ 7 minutes
Café de Flore, boulevard Saint-Germain : environ 6 minutes
Église Saint-Germain-des-Prés : environ 6 minutes
Jardin du Luxembourg : environ 12 minutes
Métro Sèvres-Babylone, lignes 10 et 12 : environ 4 minutes de l’hôtel
Métro Saint-Germain-des-Prés, ligne 4 : environ 5 minutes de l’hôtel
Métro Rue du Bac, ligne 12 : environ 7 minutes de l’hôtel
Métro Varenne, ligne 13 : devant le musée Rodin
Métro Invalides, lignes 8 et 13, RER C : environ 5 minutes du musée Rodin
Séjourner sur place
Loger au 59 rue des Saints-Pères, c’est pouvoir décider du musée Rodin au petit-déjeuner, sortir dix minutes plus tard et rentrer déjeuner sans avoir pris un transport. C’est aussi revenir le lendemain voir le jardin sous une autre lumière, parce que la visite ne coûte qu’un quart d’heure de marche. Les chambres et suites de l’Hôtel Pas de Calais, boutique-hôtel 4 étoiles de la rive gauche, ont été pensées pour ce rythme, celui d’un couple qui marche beaucoup le jour et qui veut du calme le soir, un verre au bar avant le dîner et des fenêtres qui donnent sur le vieux Saint-Germain. Découvrez les chambres et suites et réservez la vôtre pour une matinée d’automne rue de Varenne.
FAQ
- Comment aller au musée Rodin depuis Saint-Germain-des-Prés à pied ?
Depuis le 59 rue des Saints-Pères, adresse de l’Hôtel Pas de Calais, prenez la rue de Grenelle vers l’ouest jusqu’au boulevard Raspail, descendez le boulevard sur une centaine de mètres, puis suivez la rue de Varenne jusqu’au 77, où se trouve l’entrée du musée Rodin. Comptez environ 15 minutes de porte à porte, sans transport ni correspondance. L’itinéraire passe devant la fontaine des Quatre-Saisons et le musée Maillol, tous deux à environ 6 minutes de l’hôtel.
- Le jardin du musée Rodin vaut-il la visite à lui seul ?
C’est l’un des rares musées parisiens où le jardin pèse autant que les salles. Trois hectares entourent l’hôtel Biron, avec une terrasse, un bassin, une roseraie et deux bosquets de charmilles. Le Penseur, Les Bourgeois de Calais et La Porte de l’Enfer y sont exposés en plein air, sans vitrine, ce qui permet d’en faire le tour et de les regarder à hauteur d’homme.
- Quel hôtel près du musée Rodin choisir pour un séjour culturel ?
L’Hôtel Pas de Calais, au 59 rue des Saints-Pères, place le musée Rodin à environ 15 minutes à pied, le musée d’Orsay à environ 12 minutes et les Invalides à environ 18 minutes. Ce boutique-hôtel 4 étoiles de Saint-Germain-des-Prés offre l’équilibre que cherchent les voyageurs culturels : un quartier vivant le jour, calme le soir, à distance de marche des grands musées de la rive gauche.
- Quel est le meilleur moment pour visiter le musée Rodin en automne ?
Le début de matinée, dès l’ouverture. Le jardin est encore humide, la lumière rase donne toute leur matière aux bronzes et les allées restent tranquilles avant l’arrivée des groupes. Une visite de deux heures suffit, le jardin d’abord, les salles ensuite. Faites confirmer les horaires d’ouverture et le jour de fermeture hebdomadaire par la réception de l’Hôtel Pas de Calais avant de partir.



